Lot-et-Garonne : Château de Bonaguil

 

 

Le Château de Bonaguil est un des derniers châteaux-forts construits. Il est bâti sur un éperon calcaire qui domine d'une trentaine de mètres le confluent de deux étroites vallées.

 

 

 

 

 

 

Un premier château fort au temps de Louis XI construit, tel d'autres sites de la région, sur le modèle du château gascon et dont l'actuel monument conserve de beaux restes ...

 

Un deuxième château fort, l'essentiel de ce qui subsiste aujourd'hui, ouvrage tardif qui achève sa construction quand Chambord débute la sienne ! Un troisième château enfin, grande demeure rustique à l'époque préromantique.

 

Et un Seigneur puissant, mystérieux et controversé : Béranger de ROQUEFEUIL (1448-1530), qui va consacrer plus de trente années de sa vie à faire de Bonaguil la forteresse de légende qu'elle est aujourd'hui et une merveille d'architecture militaire s'étendant sur 7500 m2, véritable catalogue de la fortification depuis le XIIIème jusqu'au XVème siècle ; il intègre à partir de 1480 les derniers perfectionnements de la défense au moyen de l'artillerie tant pour utiliser celle-ci que pour s'en prémunir : formidable barbacane couvrant l'accès au château, sept ponts-levis, canonnières par dizaines tant dans les tours que dans les courtines, chambres de tir casematées ("voûtées") à l'abri des boulets adverses et permettant des feux bas et rasants, "moineau" casematé interdisant toute circulation au fond du grand fossé, terrasses d'artillerie étagées au pied du corps de place qui constituent autant d'enceintes successives à forcer, aménagement à des fins défensives d'une grotte naturelle située sous l'éperon rocheux, etc...

 

Pourquoi ? Pour quelles raisons Bérenger de ROQUEFEUIL fait-il de son château, une des plus puissantes forteresses du royaume, en le dotant d'un système défensif révolutionnaire basé sur l'artillerie à feu (mais qui ne servira jamais !) ?

 

Bonaguil situé en Quercy et Périgord est loin des grandes voies de communication et n'a rien à défendre : ni ville, passage de fleuve, vallée importante ou route commerciale ; il n'est en outre, pas partie prenante dans la Guerre de Cent Ans puisqu'elle était terminée avant la naissance de Bérenger de ROQUEFEUIL.

 

Bonaguil a peut-être été la réalisation d'un rêve, un rêve de pierre ; peut-être aussi, la manière pour ce grand féodal, de montrer sa puissance au Roi de France, Charles VIII, avec qui il a des démêlés ! Car c'est un puissant et riche baron, jaloux de ses prérogatives seigneuriales héritées du temps de ses ancêtres, de caractère peu facile, fier à l'excès (il a écrit "ne pas craindre les troupes du Roi de France si l'envie venait à celui-ci de venir mettre le siège devant Bonaguil").

 

Mais par ces traits supposés de son caractère, Bérenger de Roquefeuil ne se démarque guère de la plupart des hauts seigneurs de cette fin du XVème siècle dont la fierté et l'indépendance ne seront réduites à merci que cent trente ans plus tard par Richelieu.

 

Bérenger de Roquefeuil financera ces importants travaux grâce à la fortune des Roquefeuil, qui possèdent des terres de la Gironde au Golfe du Lion.

 

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La Tour Grosse : XVème siècle. Accès par la Cour d'Honneur (40 mères de hauteur à l'origine), emblème de la puissance seigneuriale des Roquefeuil.

 

 

 

 

Les Fossés

 

 

 

 

 

La Barbacane : XVème siècle. Entrée principale de la forteresse commandant l'accès à la Cour d'Honneur ou à la Cour Basse ; ses murs font près de 4 mètres d'épaisseur et sont percés de part en part de meurtrières et de canonnières.

 

 

Détail de la porte

 

 

 

Archière canonnière

 

 

 

Esplanade entre la Barbacane et le Château : cet espace est un piège qui se referme sur les assaillants que l'on a laissés entrer pour mieux les prendre entre deux feux !

 

 

 

La Tour Carrée : bâtie sur l'entrée primitive du château antique (XIIIème siècle)

 

 

 

Les Appartements Sud : XVIIIème siècle. Orientés plein sud, ces appartements, démantelés à la Révolution, surplombent l'un des accès à la Casemate, passage souterrain protégé, commandant la défense de l'Ouest.

 

 

 

 

 

 

 

Une cheminée dans le vide !

 

 

 

"Les commodités"

 

 

 

La Cour d'Honneur :

 

 

 

Le Puits (Cour d'Honneur) : Diaclase élargie à main d'homme, de près de 45 mètres de profondeur dont 5 mètres d'eau.

 

 

 

La Cour Basse : la colonne, coiffée d'une vasque creuse, recevait en toute sécurité, à travers le mur, l'eau du puits de la Cour d'Honneur.

 

 

 

La Tour des Loges : accolée aux loges domestiques, cette tour commande l'accès à la Cour Basse, d'un côté, et à la lice Nord, de l'autre. Elle abrite la célèbre voûte en tas de charge (ou voûte en limaçon), trésor d'architecture du XVème siècle.

 

 

 

Le Fournil : double foyer pour le pain ou les pâtisseries, silo pour le grain et récupération de la cendre pour la lessive.

 

 

 

Le Pigeonnier : emblème typique de la puissance féodale, le pigeonnier assure également un revenu conséquent grâce à l'exploitation de la Colombine, excellent fertilisant.

 

 

 

Les pigeons sont toujours présents !

 

 

 

Intérieur du pigeonnier avec niches et pigeons, vu de la pièce "réservoir à colombine"

 

 

 

Pièce sous le colombier, pour recueillir la colombine

 

 

 

Le Donjon : XIIIème - XVIème siècles. Pièce maîtresse de la défense et de l'orgueil du château. Six pièces déployées sur trois niveaux et une terrasse panoramique sur l'ensemble du site.

 

Construction originale en forme de proue de navire, pour détourner les boulets lancés par les catapultes. (voir photo de l'Esplanade).

 

Escalier à vis montant au Donjon que nous n'avons pas visité pour éviter à Memphis de monter et descendre toutes ces marches (et à nous aussi ! ).

 

 

 

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Bonaguil est acheté au XVIIIème siècle par Marguerite de FUMEL qui le fait remanier et aménager au goût du jour.

 

En 1794, LAKANAL fait promulguer à Paris des lois de destruction que le zélé TROUPEL-LAGRAVE applique à la lettre en ce coin du Lot-et-Garonne.

 

Bonaguil perd ses toitures, Bonaguil perd ses boiseries et ses huisseries, Bonaguil perd ses tours et ses remparts, Bonaguil perd de la hauteur mais point de sa superbe ...

 

Bonaguil est racheté en 1860 par la commune de Fumel qui s'émeut d'un tel état d'abandon. La municipalité de Fumel et les Monuments Historiques engagent une vaste campagne de restauration à partir de 2004.

 

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Merci aux responsables du site d'autoriser son accès aux chiens, ce qui nous a permis de le visiter avec grand plaisir !

 

Sources :

 

http://www.bonaguil.org

http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil

 

 

 



Article ajouté le 2008-08-20 , consulté 519 fois

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