Le siège de La Rochelle (1627-1628)

 

 

 

Siège de LA ROCHELLE

 

 

Origines

 

Si l'Edit de Nantes ramena la paix dans le royaume de France, il eut aussi comme effet de créer un état dans l'état. La menace vis-à-vis du pouvoir royal est bien réelle, et Richelieu entend bien la réduire à néant. Grâce à l'Edit d'Henri IV, La Rochelle est devenue un haut lieu de la religion réformée en France. Ce port, dernière place de sûreté des Huguenots, reçoit de mer l'aide des Anglais, prompts à intervenir lorsqu'il s'agit de mettre en péril le pouvoir de leur grand rival.

 

 

Le front de mer vu de l'avant port et la ville

Gravure aquarellée du milieu du XVIIème siècle

 

 

La principale crainte de Richelieu est que cette place forte devienne une sorte de seconde capitale, bastion d'où les protestants, aidés financièrement par l'Angleterre, pourraient s'emparer de l'ensemble du territoire. Sa décision est donc prise : il faut prendre sans tarder La Rochelle.

 

 

Début du siège

 

La Rochelle est soutenue par l'Angleterre en tant que ville protestante mais aussi pour freiner le développement de la marine française. Georges Villiers, Duc de Buckingham, quitte le port de Portsmouth avec 110 vaisseaux et 6000 hommes.

 

 

Georges Villiers, Duc de Buckingham

 

Mis au courant, Richelieu se saisit du prétexte pour débuter le siège de la ville et fait fortifier les îles de Ré et Oléron. L'armée royale déploie quand à elle ses 20.000 hommes autour de la ville, coupant toutes les voies de communication terrestre. Le ravitaillement ne peut plus venir que de la mer.

 

 

"Le siège de La Rochelle" peint par Henri-Paul Motte en 1881

Le tableau original mesure 1,90 m par 1,12 m et est exposé au Musée d'Orbigny à La Rochelle

 

 

La Digue

 

Buckingham s'installe dans un premier temps sur l'île de Ré, le 22 juillet 1627.

 

Bien qu'étant elle aussi protestante, l'île n'a cependant pas rejoint le rebellion contre le Roi. Le Duc en est chassé par Henri de Schomberg et Toiras, puis battu en mer le 17 novembre. Il finit par rentrer sans gloire en Angleterre. Pour empêcher le ravitaillement par mer, Richelieu entreprend la construction par 4000 ouvriers d'une digue longue de 1500 mètres et haute de 20 mètres. Les fondations reposent sur des navires coulés et remblayés. Des canons pointés vers le large sont disposés en renfort.

 

 

Partie de la baye ou port de La Rochelle

Plan de la digue et détails d'aménagements en bois

 

 

Une fois le siège levé, la digue est détruite, et aujourd'hui, la tour Richelieu, à l'entrée du chenal d'accès au port de plaisance des Minimes et du Vieux Port, marque l'emplacement de l'ancienne extrémité nord de la célèbre digue de Richelieu dont les restes sont visibles à marée basse.

 

 

Plan d'ensemble du port actuel

A marée basse, les parties en bleu foncé sont navigables tandis que les parties en bleu moyen sont découvertes.

 

 

L'agonie

 

Les vivres commencent à s'épuiser, et les navires anglais venus en soutien sont contraints de rebrousser chemin. La décision est alors prise, comme à Alésia, de faire sortir de la ville les "bouches inutiles". Sont ainsi expulsés, femmes, enfants et vieillards.

 

Tenus à distance par les troupes royales qui n'hésitent pas à faire feu sur eux, ils errent pendant des jours sans ressources et décèdent de privations. Une deuxième puis troisième expéditions anglaises échouent, malgré des tirs nourris. Les Rochelais sont contraints de manger ce qui leur reste : chevaux, chiens, chats ...

 

Lorsque la ville finit par se rendre, il ne reste que 5500 survivants sur les 28.000 habitants, à qui Louis XIII accorde son pardon.

 

 

Louis XIII

 

 

Ils doivent néanmoins fournir un certificat de baptème, et les murailles sont rasées.

 

 

Projet d'agrandissement pour la ville et construction d'un nouveau bassin, au milieu du XVIIIème siècle

Les parties roses des fortifications sont ce qu'il en restait à l'époque

 

 

La capitulation est inconditionnelle. Par les termes de la paix d'Alès du 28 juin 1629, les huguenots perdront leurs droits politiques, militaires et territoriaux, mais conserveront la liberté de culte garantie par l'Edit de Nantes.

 

 

Vestiges et témoignages

 

A l'Hôtel de Ville de La Rochelle existe toujours le bureau de Jean Guiton où on peut encore voir la trace d'un couteau que Guiton aurait planté par colère.

 

A voir :

 

http://fr.wikipedia.org

 

Source :

 

http://www.culture.gouv.fr

 



Article ajouté le 2008-07-05 , consulté 764 fois

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